Alors que je passais à la FNAC pour chercher un livre (c’est moi où on ne trouve plus rien dans les FNAC à part des ipod et les derniers livres à la mode ?), j’en ai profité pour faire un saut au rayon manga pour observer l’état de l’édition manga en France et du consommateur lambda.

Je me suis rendu compte que les années passant, ma conception des choses s’étaient peut être un peu déformer avec le temps. Il faut bien dire que depuis maintenant quelques années, je n’achète plus ni animes ni mangas. Je me contente de ce que je reçois (et à un moment, je recevais pas mal de titres). Aujourd’hui, ma collaboration n’est plus véritablement active qu’avec Kaze, Glénat, Kurokawa et Xiao Pan (il faut d’ailleurs que je fasse le ménage dans les partenaires du blog).

Quelque part, tout webmaster qui se respecte trouverait ça vexant. Mon site ne me rapporte pas un sou, me coute même de l’argent et en plus je devrais payer pour pouvoir écrire sur un sujet ?

Fort heureusement, mes autres activités me permettent très largement de vivre et le manga reste une passion subsidiaire. Puis, je prends toujours les choses avec philosophie.

Evidemment, c’est un peu rageant sur le principe. Mais quelque part, c’est une très bonne chose. En recevant perpétuellement des mangas et animes, je me suis mis au finalement retrouvé au même niveau que l’oisillon attendant la nourriture de sa mère pour en apprécier la teneur.

Choisir un manga est une démarche importante. Parcourir le rayon, feuilleter, s’imprégner, se laisser convaincre pas une couverture plutôt qu’une autre. Tout ça fait partie du processus de sélection de l’acheteur manga. Et il est certain que je m’en suis bien éloigné. En achetant des titres, je risque de me laisser guider par mon goût personnel et de passer à coté de certains titres. Nul n’est parfait et je continuerais de toute façon de lire ce qu’on m’envoie.

Dans tous les cas, j’ai décidé de prendre un peu de temps (je ne sais pas où je vais le trouver par contre...) pour me rendre dans une librairie ou une fnac afin de me replonger dans un travail d’introspection. Je n’ai jamais été un modèle du genre car à l’époque où j’achetais des mangas, j’avais plutôt tendance à tout acheter et à voir après. Je pense qu’aujourd’hui, beaucoup d’acheteurs ont tendance à modifier leur comportement d’achat à se montrer de plus en plus sélectif.

Il faut le dire, au début de l’arrivée du manga en France, presque tout ce qui sortait en France était bon. Forcément, la France découvrait le manga et avait presque 50 ans de manga à produire. La possibilité de ne sélectionner que le meilleur donc. Aujourd’hui les choses sont différentes. Notre importation effrénée nous a permis de rattraper le Japon et forcément, au détriment de la qualité de l’offre. Mathématique me direz vous !

Le retour de bâton a été sans appel pour certains éditeurs, et l’est toujours lorsque l’on sait que Vizmedia vient de licencier 40% de son effectif au Etats unis. Le manga n’est plus l’eldorado qu’il a pu être. S’il existait une action boursière "manga", il serait assez intéressant de voir sa courbe dont l’effondrement ne serait pas sans rappeler une crise plus générale que nous connaissons bien (enfin tout dépend si l’on restreint le manga à Naruto, Bleach, One piece, Dragon Ball et Nana ou si l’on retient une conception plus large).

J’aimerais beaucoup discuté avec un adepte de comics pour savoir si le comics américain connait la même évolution. Quoi que même si je n’y connais rien en comics, il n’est pas risqué d’affirmer que le comics réussi au moins à un endroit où le manga ne parvient pas à s’élever : le live action.

Si le manga a parfaitement réussi l’exercice de l’exportation (concept de soft power japonais), le live action ne parvient vraiment pas à s’imposer. Il n’y a qu’à voir le succès d’Iron man 2 par rapport à celui de Death note (live action) pour s’en convaincre. C’est dommage, car c’est pour moi ce qui pourrait peut être donner un nouvel envol, un nouveau souffle au manga et lui permettre de convaincre un public plus large. Je m’étais inquiété de voir l’abandon du projet d’adaptation du manga Old Boy par Spielberg et Will Smith après avoir échoué dans l’acquisition des droits du manga. Mais je ne désespère pas de voir l’adaptation de Gunm par Cameron ou Cowboy Bebop.

Pour revenir à l’objet de l’article, j’espère donc proposer un contenu plus adapté au lectorat avec plus d’article sur des seinen et des titres "éloignés" du main stream (je continuerai à parler du main stream car j’aime également le main stream, mais il peut être plus intéressant de parler de titres inconnus)